Je raconte à ce journal mon quotidien. Vraiment ! Rien de folichon. En ce moment se sont les orages dans ma banlieue Parisienne qui zèbrent le ciel. J’adore lorsque la nature se déchaine, que ce soit le vent la pluie, la canicule, la nature nous parle.

Je me lève, fais mon café. Il arrive sans un mot, déjeunons sans un mot. Il n’a jamais été très loquace mais, depuis son AVC c’est un vrai silence qui s’est installé avec son entourage. Je crois avoir fait le maximum pour l’aider mais il refuse toute intrusion dans son enfermement, alors, j’ai baissé les bras, j’ai déjà fort à faire avec ma santé.

 Je fais ma marche, le matin en ce moment, trop chaud l’après-midi. Toujours le même silence à mon retour. S’est-il seulement rendu compte que j’étais sortie ?

Je me dis : mais, quelle vie ! Un jour, je lui ai dit OUI ? Une vie d’illusions que je laisse filer maintenant. La vie n’est-elle pas une gigantesque machine à essorer les utopies ?

Je continue à aller à l’hôpital toutes les trois semaines pour mes séances d’Avastin. Mon état de santé est stable et, il m’arrive souvent après ma marche d’apprécier la vie au point de crier dans mon jardin «  Vive la vie »

J’ai aussi des moments de lassitude que j’essaie de combler par une suractivité. Je lis plusieurs livres en même temps, écoute de la musique à m’en étourdir, je ne supporte pas m’inactivité et pourtant Sénèque a raison lorsqu’il dit : Où que vous fuyiez, vos problèmes s’invitent dans vos bagages et vous suivent partout.