Je reviens de ma grande balade dans le parc. Les écouteurs dans mes oreilles tout en marchant j’ai chanté et dansé, souri  à ceux qui me croisaient.

Hier j’ai essayé d’appeler et laisser un message sur le téléphone de mon oncologue afin d’obtenir des informations sur des résultats sanguins qui m’ont inquiété. Comme à son habitude elle est aux abonnés absents. Je me demande pourquoi lors de notre premier RDV elle m’a donné son numéro personnel afin que je puisse l’appelé « en cas de doute à n’importe quel moment  a-t-elle précisé ». Alors, pour me consoler je me dis « pas de nouvelles, bonnes nouvelles ».

Bon ! En attendant je continu mes cartons.  Après toutes ces années dans ce même quartier il y a quelque chose de terrifiant de déménager. Ça n’a rien de drôle, rien d’une aventure. Je préviens mes voisins de mon départ et j’entends des «  Je ne veux pas être là lorsque le camion de déménagement sera devant ta maison ». Je sais qu’en partant j’emmènerais nos mêmes souffrances, la sienne et la mienne. On ne tourne pas une page, on continu. Parce que la souffrance n’est pas localisée. Entre deux cartons de déménagement je repeins une armoire pour qu’elle ait plus de prestance dans mon nouveau nid. Ma fille me dit que je me fatigue, que je devrais faire attention et me reposer. Mon fils de son côté me soutient « si tu t’éclates mum…fais-le ». Je vends une grande partie de mes meubles. Ma fille me dit d’en garer quelques-uns. « Tu vas te sentir déstabilisé, garde quelques repères de ta maison ». Mon fils me dit de tout vendre, refaire une nouvelles vie, repartir en laissant le maximum derrière soi.

Je vends tout ce qui ne me sera plus utile et c’est fou les belles rencontres que je fais durant ces ventes. J’ai des personnes qui m’ont envoyé de très beau SMS après avoir échangé  quelques mots. Voilà ce soir, je suis heureuse.