Hier j’ai encore une fois touché le fond de la piscine et, encore une fois j’ai envoyé un message de détresse à mon fils. Il ne perd jamais de temps. Dans les minutes qui suivent je l’ai en ligne. Et là, au bout du fil, il m’entend pleurnicher un mouchoir à la main. J’ai des moments comme ça ou, le fatigue aidant je craque.

Nous avons fêté tous ensemble mon anniversaire. Une fête comme je les aime entourée de mes enfants et petits-enfants. Ma fille m’a offert un lait (Paco Rabane) pour le corps, j’adore, j’ai le sentiment que mon corps sent autre chose que la chimio. Quant à mon fils, il m’a offert un tableau Street Art de Banksy, un Holly Games qui lance un bouquet de fleur. Ce tableau me correspond. Les cadeaux je m’en moque mais eux ? indispensable.

Semaine chargée. Entre transfusion sanguine en urgence puis trois jours plus tard toujours en urgence un transfert de plaquettes (j’étais en dessous de 14 000)

Unième conversation que j’ai avec mon conjoint. Il revient toujours sur le même sujet, l’argent.

L’argent qui lui reviendra quand je disparaitrai. Je m’exécute, lui écris sur papier le montant de nos petites économies, ça le rassure. Moi, j’aimerais qu’il me parle d’amour, d’avenir, de guérison, mais ces mots, il ne les connait pas. Je n’ai pas envie de me prendre la tête pour après-demain alors que je ne sais même pas ce que sera demain.