Hier on était tous là, chez moi. J’aime lorsque j’ai toute ma smala est rassemblée autour de moi. On a beaucoup ri, on s’est raconter nos histoires drôles, et, à minuit pétantes j’ai ouvert ma porte et j’ai vu mes jolis papillons s’envoler. J’ai bien essayé de les retenir dans la nuit mais, déjà, ils étaient trop haut, ils volaient en direction des lumières de la ville, fuyant le noir.

Ma petite fille de treize ans m’a fait une jolie lettre d’amour ou elle me demande de me battre, de vaincre cette maladie, de rester près d’elle. J’en ai pleuré.

Ce soir je suis triste. Un conjoint absent qui ne n’adresse pas la parole pendant qu’un cancer dévore mes entrailles.

Il me fait la tête certes, ce qui ne l’empêche pas d’aller à l’église prié chaque jour.

Je lui ai dit que j’avais besoin d’espoir pour avancer, d’espoir affective, de sécurité. Pas d’une grenouille de bénitiers qui prie afin que le seigneur m’accueille.

J’ai souvent cherché chez mon conjoint ce geste, ce rire qui nous vient de notre enfance et que l’on retrouve chez certains d’entre nous devenu adulte mais, chez lui, rien…il est né vieux.