Quand je te dis que je veux vivre au jour le jour il y a un blanc dans notre conversation, une minute de silence ou je me sens seule, incomprise. M’écouter parler de mes peurs m’aide à mettre un peu de distance. J’ai encore du mal à parler de demain, demain est encore pour moi incertain.

 

Il faut que je me fasse violence en permanence, vaincre cette frousse viscérale pour aller affronter l’hôpital et se soumettre aux tortures annoncées. Aller aux examens tous les trois mois. Vivre avec cette fameuse épée de Damoclès.
J’ai encore des douleurs plein le ventre, des douleurs sourdes qui s’invitent plutôt en fin de journée. C’est pénible même si  j’en ai pris l’habitude.

Je suis en période de rémission (pas encore de guérisons), la peur est toujours présente, la peur de la récidive. Il m’arrive des moments de paniques, des sueurs froides. Quoi faire pour éviter que le cancer ne revienne ? Il n’y a pas de manuel, il me faut apprendre à vivre avec la peur.

 

Je suis encore fragile, je prends chaque jour comme il vient,  je ne veux pas me soucier inutilement mais, le connais la fragilité de la vie et ne veux rien remettre à demain. J’ai besoin que tu me comprennes et que tu acceptes ma vision du futur. Je me sens mieux, la vie reprend lentement sa place mais elle ne sera plus jamais comme avant. Le futur a perdu de sa clarté, je suis a une croisé de chemin, désorientée je vis au jour le jour mais chaque jour m’apporte son lot de bonheur, juste le bonheur d’être là et de vivre.