Je passe aux médicaments. C’est mieux, je vais enfin profiter à fond. Fini l’hôpital de jour, fini les chimios, fini les prises de sang, mes veines disent merci.

Nous avons parlé récidive avec mon oncologue. Impossible à savoir, dans un ou deux mois ?  Dans six mois un an ? souvent dans l’année qui suit l’arrêt de la chimiothérapie m’a-t-il dit.  Je souhaite que ce traitement médicamenteux me fasse tenir le plus longtemps possible. J’ai envie de voir mes petits-enfants grandir et, même si le jeu face à cette maladie est tronqué d’avance, il me faut jouer avec les cartes que j’ai encore en main. Je ne peux pas accepter les choses tel qu’elles se présentent.

Mes enfants sont heureux. Mon conjoint a des paroles qui paraissent réconfortantes mais, je les trouve machinaux, comme s’il ne faisait que ce que la situation exige de lui. Souvent je me demande pourquoi gaspiller tant de temps précieux à nous chamailler et se disputer.